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D. Bürkli sur le tourisme à Paris-Conseil de Paris

Intervention de Delphine Bürkli, Maire du 9e, sur le schéma de développement touristique de Paris, Conseil de Paris, novembre 2016.

 

A l’occasion du débat sur le tourisme à Paris, secteur qui connait depuis un an une grave crise économique, Mme le Maire est intervenue au Conseil de paris  du lundi 7 novembre. Voici son intervention.

 

« Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Une fois n'est pas coutume, je commencerai mon intervention par un remerciement. Un grand merci pour ce diagnostic exhaustif retraçant tout ce qui ne fonctionne pas en matière de tourisme à Paris. Tout y est : la malpropreté, le sentiment d’insécurité, la pollution des autocars, le manque de chambres d’hôtel, le coût de la vie à Paris, et on a même cette sensation un peu étonnante que vous découvrez via ce diagnostic notre ville.

Sur ce sujet absolument stratégique pour notre Capitale - j'avais tiré le signal d'alarme dès juillet 2014 avant même la période tragique de 2015 - en proposant via un vœu que je redépose aujourd'hui de faire du tourisme une grande cause parisienne. Cette proposition est plus que jamais d'actualité car la Ville doit se doter enfin d'une politique touristique digne de ce nom.

Depuis 2001, jamais ce sujet n'a été abordé dans cette enceinte. Vous l'avez reconnu, Madame la Maire, vous avez sous-estimé ce secteur économique essentiel, un secteur sous-exploité, associé seulement aux loisirs comme s’il n'était pas sérieux pour un pays développé de s'en préoccuper.

Vous parlez de 15 mois de concertation, de 400 participants. Personnellement, comme maire d'arrondissement je n'ai pas été consultée sur ce schéma, maire d'un arrondissement pourtant qui abrite les grands magasins, la plus forte concentration d'hôtels 3 et 4 étoiles, le plus grand nombre de salles de spectacle privées. On aurait pu imaginer que je puisse avoir un avis sur la question et je pense aussi que l'ensemble de mes collègues maires d'arrondissement ont un avis sur le sujet.

Dans les annexes, si j'ai pris connaissance de l'avis du Conseil de la Jeunesse sur ce schéma, mais je n'y ai trouvé ni l'avis du Comité des arrondissements ni celui du Conseil de la Nuit. Il est étonnant qu'en 15 mois vous n'ayez pas trouvé le temps de les consulter ni même de réunir nos adjoints en charge du tourisme. En tout cas, dans le 9e il y a un adjoint en charge du tourisme.

Il est étonnant aussi que dans votre plan d'actions sur 59 mesures, il n’y ait que la mesure 22 où le mot maire d'arrondissement apparaisse. Surprenant aussi la quasi-absence de la Région dans votre publication. Ma collègue Catherine DUMAS a eu l'occasion de le dire, alors que depuis la loi NOTRe c’est la Région qui est désignée chef de file du territoire en matière de tourisme, la seule fois ou le mot région apparaît dans vos documents, c’est dans la fiche 54. Cela pour dire que la Ville pourrait se rapprocher de la Région pour fusionner l’O.C.T.P. et le C R T, ce n'est pas sérieux.

Relancer le tourisme à Paris ce n'est pas seulement injecter de ci, de là des milliers d’euros, c’est aussi repenser au XXIe siècle l'accueil des touristes. Reconquérir le tourisme, pas seulement leur vendre tel ou tel monument ou musée car ils les connaissent - ils viennent d’ailleurs pour cela -, c’est leur offrir une ville accueillante et un tourisme écoresponsable tourner vers l'innovation.

La facilité, ces dernières années, a été de se contenter de se dire que "Paris sera toujours Paris". Arrêtons de considérer que le tourisme est une richesse inépuisable. Aujourd'hui, nous en faisons la preuve et les frais. Le contexte national nous a rattrapés et nous prouve que nous ne pouvons plus vivre sur nos acquis et notre magnifique patrimoine. À l'inverse, que de signaux négatifs adressés par la Ville de Paris en direction du secteur touristique depuis 2014, considérant les touristes et ceux qui en vivent comme des contribuables à taxer.

Vous dites qu'il faut associer qualité de vie et tourisme, mais là encore, dans les faits vous laissez des campement s'installer dans les secteurs touristiques, vous ne soutenez pas les vœux que j'ai déposés pour élargir les compétences en matière de sécurité des vigiles des grands magasins, tout comme vous refusez de dédier à ce quartier emblématique de Paris - 12 millions de visiteurs par an, je vous le rappelle - ce qui en fait le site le plus visité de la Capitale, une brigade de propreté comme cela existe déjà sur les Champs-Elysées.

1.000 autocars circulent chaque jour dans Paris, cela ne doit pas être une fatalité. Il est annoncé dans votre communication que dès 2016 la Ville réalisera son Schéma directeur du stationnement autocar. J'imagine donc que celui-ci sera présenté à notre Conseil en décembre. Mais peut-être que le fait les autocaristes aient régulièrement quitté vos tables rondes a retardé l'élaboration de ce schéma.

Je vous propose à nouveau d'aller plus loin en limitant la circulation et stationnement de ces véhicules aux grands axes avec l’interdiction d'emprunter les rues résidentielles. A moyen terme, tout est à inventer, des navettes fluviales ou électriques, des aménagements aux portes de Paris, des incitations financières pour que les taxis et les VTC fassent le choix de l'électrique, un métro qui fonctionnerait 24 heures sur 24.

C'est la maire d'un arrondissement vitrine de Paris qui s'exprime ainsi, d'un arrondissement avec une importante zone touristique internationale, mais c'est aussi l'élue et l'habitante parisienne qui est convaincue qu'aujourd'hui le principal levier qui s'offre à nous pour allier développement économique et attractivité de notre Capitale est celui du tourisme. En effet, une ville accueillante au monde est une ville qui aura au préalable fait de la notion d'accueil dans des rues propres et sûres son point fort.

Ne peut-on pas puiser dans nos ressources et imaginer que nos kiosquiers, dont l’implantation et le maillage du territoire est important, deviendraient nos ambassadeurs du tourisme ?

Vous qui vous targuez le promouvoir le vivre-ensemble, vous oubliez que celui-ci passe aussi par la prise en compte du secteur touristique et son meilleur accompagnement, au profit des visiteurs de Paris mais surtout et avant tout au bénéfice des Parisiennes et des Parisiens.

Je vous remercie."

 



 
 
 

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