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Cérémonie du 11 novembre – Discours de D. Bürkli

« Je souhaiterais dédier notre cérémonie, à une belle et grande personnalité de notre arrondissement, que beaucoup connaissait ici et qui nous a quitté le mois dernier : notre ami Charles Baron. Charles était une personnalité exceptionnelle que j’ai eu la grande chance, comme vous, de connaître.

Rescapé de la seconde guerre mondiale, il est devenu un emblème de la mémoire à travers ses témoignages bouleversants sur l’horreur de la guerre et de la déportation. Chacun de ses récits était une saisissante leçon d’histoire et un admirable acte de courage. Une cérémonie lui sera dédiée le 27 avril prochain, au cours de laquelle nous donnerons son nom à une salle de notre mairie en son hommage. Pensées affectueuses pour sa chère épouse Micheline et sa famille.

Si nous sommes réunis ici aujourd’hui, en ce jour du 11 novembre, c’est pour nous souvenir, ensemble, de ce qui eut lieu il y a 100 ans dans notre pays, la France. 

Cette année encore, il me paraissait indispensable que vous, les jeunes de Jules Ferry, de Chaptal, vous qui représentez l’avenir de notre pays, soyez à nos côtés pour raviver la flamme du souvenir. Nous commémorons aujourd’hui  le 98e anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale, aussi le 100e anniversaire de la bataille de Verdun.

Parce que la guerre de 14, c’est Verdun. Verdun qui incarne l’engagement, le sacrifice  de 700.000 soldats français et allemands. Verdun, le symbole de la résistance française, le symbole de notre capacité à défendre le territoire national, mais aussi le symbole de l’horreur, avec l’usage inédit par son ampleur, de l’artillerie, de l’aviation et des gaz de combat.

Jean Giono, mobilisé à l’âge de 19 ans à Verdun se souvient : «On avait enlevé de là-dessus toute la vie, sauf celle des rats et des vers. Il n’y avait plus d’arbres et plus d’herbe, plus de grands sillons, et les coteaux n’étaient que des os de craie, tout décharnés (…) C’étaient des fleuves d’hommes de chars, de canons, de camions, de charrettes qui clapotaient là-bas dans le creux des coteaux».

Si, comme le disait justement le Général de Gaulle, Verdun nous a prouvé que le peuple français était capable d’une ténacité et d’une solidarité exemplaire, nous devons en retenir aussi que l’humain est capable des pires atrocités. A posteriori, le souvenir commun de Verdun aura apporté du bien à la nation française. Mais tout cela n’est rien face aux dégâts humains qui ont précédé. Une bataille où seule la mort triompha.

Le suicide collectif que constitua la guerre 14-18,  les millions de destins brisés, les hommes et les femmes tombés au champ d’honneur … Autant de souvenirs à jamais gravés dans l’Histoire des français, qui ont façonné l’Europe dans laquelle nous vivons aujourd’hui ; un continent qui ne s’est finalement jamais remis des deux guerres du 20e siècle. Deux événements majeurs qui ont eu pour point de départ la faillite totale des diplomaties européennes, de nations européennes qui, sans véritablement le vouloir au départ, ont précipité l’Europe dans le chaos et la guerre.

D’ailleurs, avons-nous tiré tous les enseignements de la Grande Guerre et de 39-45? Oui et non. Oui, parce que les Européens, et c’est absolument fondamental, ont appris à ne plus se faire la guerre entre eux. Une Europe en paix depuis 1945 à l’exception de l’ex-Yougoslavie. Une Europe qui est le fruit de l’union des peuples, si chèrement acquise. Il est de notre devoir de la défendre ! Et à vous les jeunes désormais, d’apporter votre pierre à cet édifice qui, certes, est imparfait, mais reste le garant d’une paix retrouvée.

Malheureusement, tous les enseignements n’ont pas été tirés, quand on assiste aujourd’hui, impuissants, au concert des nations désaccordées aux confins de la Syrie et de l’Irak, des nations occidentales qui n’arrivent pas à s’entendre sur les grands enjeux qui menacent la sécurité de nos populations.

Face aux défis immenses qui sont devant nous, au bouleversement du monde, il est primordial de nous rappeler de la valeur de ce jour de l’armistice du 11 novembre. Le 13 novembre 2015, 130 de nos compatriotes ont été sauvagement abattus. Des français de toutes origines, de toutes confessions. Tous représentaient la France. La France unie, la France libre, la France qui résiste et ne plie pas.

Quelques mois auparavant, les dessinateurs de Charlie mouraient sous les balles du terrorisme, des policiers tués parce qu’ils représentaient l’autorité de l’État, et des hommes et des femmes, parce qu’ils étaient juifs, étaient lâchement assassinés à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Puis cet été l’horreur qui s’est abattue à Nice, et l’assassinat du Père Hamel à Saint-Etienne du Rouvray. Ce sont, pour nous tous, des souvenirs bouleversants, et qui font écho à la barbarie qui s’est déchaînée au 20e siècle.

La résistance est au cœur même de notre ADN, depuis des décennies. Pour défendre ses valeurs, le peuple français est prêt à résister. Face à la montée des intolérances, la multiplication des actes antisémites en France, la menace terroriste qui est réelle avec l’affirmation du djihad sur notre propre sol, nous devons, au-delà des clivages politiques traditionnels, mettre toutes nos forces pour combattre l'antisémitisme et le négationnisme. 

L’éducation reste, j’en suis profondément convaincue, la clé fondamentale pour lutter contre les guerres de territoire ou encore de religion. Nicolas de Condorcet a écrit « l’inégalité d’instruction est une des principales sources de la tyrannie », c’est ce message sur lequel je souhaite insister aujourd’hui. Pour ne plus jamais revivre les heures les plus sombres de notre histoire, il nous faut non seulement restés unis et fraternels et lutter contre l’obscurantisme. Se souvenir aussi, que ce sont les lycéens de Condorcet, de Jules Ferry, qui avec 3.000 de leurs camarades d’autres lycées et universités sont allés bravés l’interdiction de manifester prise par les nazis occupants le 11 novembre 1940. Il ne faut jamais oublier ces jeunes femmes et hommes qui ont eu le courage de dire non.  Je tiens ainsi à remercier très sincèrement la communauté éducative de notre arrondissement, qui œuvre chaque jour pour faire de vous des citoyens meilleurs et plus éclairés. Ils vous enseignent notre passé commun, vous permettant ainsi de vous construire un avenir serein.

Pour finir, je conclurai avec ces quelques mots de Fénelon, qui transmettent si bien la foi et l’espoir que  nous portons en vous:

« La jeunesse est la fleur de toute la nation, c’est dans la fleur qu’il faut préparer les fruits ».

Vive la République, Vive la France ! »

 

 



 
 
 

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